• Featured entry

INTERVIEW : M.Frédéric HOIBIAN ” L’Adages doit chercher à devenir le principal partenaire médico-social et social du CHRU de Montpellier afin de porter ensemble des projets innovants et répondre de façon conjointe à des appels à projet. “

Suite à l’Assemblée Générale de l’Adages du 24 juin, Monsieur Frédéric HOIBIAN Directeur général, nous a accordé un entretien.

Vous trouverez toutes les informations relatives à l’Assemblée générale dans l’Adages INFOS à paraître au mois de juillet.
  • Née en 1985, l’Adages comptait 7 établissements et approximativement 300 salariés. Elle gère aujourd’hui 17 établissements et compte 1290 salariés. Quelles analyses faites-vous d’un tel développement ?

    C’est le fruit de l’importance des besoins à couvrir sur le territoire que dessert l’Adages et du dynamisme de ses équipes, ses dirigeants, cadres et directeurs d’établissements, direction générale et ses instances associatives pour promouvoir des dispositifs nouveaux et innovants afin de répondre aux attentes des usagers et de leurs familles. C’est également le fruit des orientations proposées dans les schémas territoriaux arrêtés par les financeurs …

    Ce développement relativement rapide est caractérisé par une forte diversification des publics et champs d’intervention. L’Adages est issue des établissements du CREAI qui était lui-même centré sur ce qu’on appelait alors l’enfance inadaptée…

    L’Adages a donc développé logiquement des réponses pour les adultes handicapés mentaux puis a élargi son champ d’intervention à d’autres types de handicap, le polyhandicap, le handicap psychique, et des personnes âgées dépendantes, les personnes traumatisées crâniennes et cérébro-lésées , l’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes, et plus récemment les personnes adultes autistes.

    La reprise du CHRS regain a ouvert l’Adages au champ social qui s’est fortement ramifié autour de l’insertion, du soutien à la parentalité des plus précaires de l’accueil de la petite enfance, de l’accès au logement des plus démunis, de l’accueil des populations étrangères des soins médicaux destinées aux populations en grande difficulté sociale .

  • _LC_8740

  • Cet effort de développement sera-t-il encore possible dans un contexte économique incertain et difficile ?

    Il est peu probable que le rythme de développement des dix dernières années soit le même que les 5 prochaines. Pour autant il existera des opportunités de développement à travers les appels à projets ou des extensions non significatives mais nécessitant parfois à des redéploiements de moyens. Il faut également bien considérer que l’Adages ne cherche pas le développement pour le développement. Le but est d’apporter des réponses à des besoins non couverts à des publics qu’elle connait et dont l’accompagnement entre dans ses savoirs-faire ou en complémentarité avec des activités déjà mises en œuvre par l’association .

    On note que l’Adages a fait le choix stratégique de développer la diversité de ses champs d’intervention. D’autres acteurs du secteur n’ont pas fait ce choix. Pensez-vous que cette diversité singularise l’Adages ? Quelles sont les forces et les faiblesses de cette politique ?

    L’Adages a effectivement la particularité d’embrasser un vaste panel de champs d’intervention. Ceci amène une certaine complexité des environnements réglementaires et financiers mais apporte une grande richesse dans notre capacité à partager les compétences et les savoirs au profit de nos différents publics. Grâce à cette diversité, nous pouvons proposer à nos usagers des réponses très souvent intriquées entre le social et le médico-social en complémentarité avec le sanitaire. A condition de savoir faire vivre le choix de notre projet associatif dans nos pratiques quotidiennes à l’égard des usagers. Cela constitue, selon moi, une valeur ajoutée pour notre association. Il faut poursuivre dans la logique de la complémentarité et de cohérence de nos activités actuelles.

    L’Adages semble privilégier le concept de plateforme d’accueil et d’accompagnement. Pour quelles raisons ?

    Une plateforme, c’est un ensemble de dispositifs qui concourent à la prise en charge des usagers. Elle permet de répondre aux besoins et au développement de l’autonomie des personnes accueillies. Elle permet également une évolution fluide entre les dispositifs . Nous souhaiterions que tous nos établissements soient les noyaux durs de plateforme de dispositifs diversifiés au sein desquels nos usagers puissent évoluer en fonctions de leurs besoins.

    Ces dispositifs doivent aller de l’internat, semi internat en passant par l’accueil de jour, l’accueil temporaire, l’accueil séquentiel pour aller jusqu’au logement de droit commun avec un suivi assurés par des service d’intervention à domicile SAMSAH, SAVS, SESSAD et SSIAD et demain peut-être des SAP dédiés à nos publics ?

    Nombre de nos établissements ont pu mettre en place progressivement ce type de plateforme. Il faut accompagner les autres structures vers ces modalités de fonctionnement. Car elles répondent à la fois aux attentes des usagers et de leurs familles mais aussi à celle des financeurs.

  • D’un point de vue de l’implantation de l’Adages sur le département de l’Hérault, la majorité des établissements se trouvent à Montpellier et son agglomération. Qu’en est-il aujourd’hui ? L’association va-t-elle s’ancrer davantage sur un territoire plus élargi ?

    L’Adages a été construite sur une base essentiellement montpelliéraine avec une implantation de ses établissements principalement sur l’agglomération de Montpellier, même si en « volume » elle constitue l’un des premiers acteurs de la région Languedoc Roussillon, elle doit aujourd’hui redéfinir son territoire d’intervention.

    L’Adages dispose d’implantations sur le Biterrois, le Lunélois, en cours sur le Lodévois mais ne maille pas tout l’ensemble du territoire départemental.

    La question qui se pose est celle de la pertinence du territoire selon les différents champs d’intervention de l’association.

    Si la dimension régionale peut constituer un objectif qui présente des avantages, il ne sera pas facile de s’implanter sur les autres départements de la région de façon assez significative pour pouvoir se hisser à un positionnement d’association régionale au même titre que l’UGECAM, les PEP, l’APF et demain le mouvement parental, sauf sur certaines activités spécifiques dans lesquelles l’expertise de l’Adages est reconnue.

    La reprise d’établissements sur d’autres départements n’est pas à exclure mais elle devra être ciblée sur des activités où l’Adages dispose d’une capacité et d’un savoir-faire suffisant.

    L’autre solution du développement de l’association, c’est la réponse aux appels à projet.

    Cependant, du fait d’un contexte général difficile et faute de renforcement des moyens, il n’y aura pas de nombreux appels de la part de l’ARS ou des conseils généraux dans les mois qui viennent. Nous rencontrerons une concurrence que nous n’avions pas connue dans le dispositif précédent. Il est précisé que de grands groupes nationaux médico-sociaux répondent à des appels d’offres locaux et ont développé des stratégies offensives.

    Les domaines où l’Adages dispose d’une expertise plus spécifique sur le plan régional nous semblent être : l’accompagnement des personnes cérébro-lésées, l’accompagnement et la prise en charge des personnes handicapées psychiques, des personnes handicapées vieillissantes, le polyhandicap chez les enfants, adolescents et jeunes adultes, l’autisme pour les enfants et les adultes et certaines actions sociales innovantes liées au logement et à la santé que porte le pôle Social de l’Adages.

    Dans ces domaines, il faut donc se préparer de façon anticipée à répondre à des appels à projet en intégrant systématiquement la nécessité de travailler sur des réponses innovantes, transversales, diversifiées, dés-institutionnalisées, afin de faire prévaloir la valeur ajoutée du travail inter-établissements, interdisciplinaires, interpoles qu’autorise l’Adages et qui en constitue sa valeur ajoutée.

    Quelles coopérations et quelles alliances pour l’Adages ?

    L’Adages doit chercher à devenir le principal partenaire médico-social et social du CHRU de Montpellier afin de porter ensemble des projets innovants et répondre de façon conjointe à des appels à projet. Il nous faut travailler avec le CHRU sur des projets concernant notamment l’accueil d’adultes psychotiques chroniques, l’accueil des personnes cérébro-lésées, collaborer dans le domaine de la pédopsychiatrie etc…

    L’idée pourrait être de mettre en place un dispositif avec d’un côté, une convention-cadre, et de l’autre des conventions spécialisées par domaine de collaboration.

    Par ailleurs, il existe actuellement un projet de plateforme polyhandicap porté par l’EEAP Coste Rousse avec l’hypothèse de la création d’un GCSMS entre l’UGECAM et l’Adages.

    La question des alliances reste ouverte grâce à des solutions techniques diversifiées (fusion, absorption, conventionnement, coopération, fédération d’associations…). Il nous faut également réfléchir sur les formes que pourraient prendre ces alliances. Elles doivent respecter l’identité et les modes de gouvernance de chaque entité. Par exemple : une union d’associations membres d’un groupe régional qui, notamment, gérerait de façon concertée et étroite la relation avec les diverses autorités régionales dont, bien évidemment, l’ARS LR.

    Une autre solution pour se hisser à un niveau d’acteur régional est d’envisager des alliances avec des acteurs ayant des valeurs et une configuration équivalentes étant à la recherche d’une dimension régionale non pas acquise pour le moment. Il y en a quelques-uns sur la région mais ils sont peu nombreux. Des contacts pourraient être pris auprès de ces acteurs dans les prochaines semaines.