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Comment faire face à cette mère qui nous dit avoir « dégagé » son fils car il ne savait que générer des conflits, ou ce à père qui nous dit que, depuis un an, il n’a pas vu son fils car sa mère lui « monte la tête » et « l’empêche de venir » ?

Comment aller au-delà de l’émotion que chaque histoire, chaque rencontre avec les personnes qui croisent la route des services du SOAE, suscite chez les intervenants ?

Depuis 2014, le SOAE propose des consultations d’ «entretiens familiaux » qui s’adressent aux familles dont au moins un mineur bénéficie d’un suivi en IED (Intervention éducative à Domicile), en AEMO (Action éducative en Milieu Ouvert) ou d’un accueil en MECS (Maison d’Enfants à Caractère Social).

Le constat de départ est le suivant : les mineurs concernés par l’une ou l’autre de ces prises en charge ont, la plupart du temps, un parcours fait de ruptures.
Celles-ci s’inscrivent fréquemment dans un contexte conflictuel, voire de violences intrafamiliales et engendrent de graves carences éducatives et affectives chez ces enfants.

Ainsi, ces derniers tentent souvent de rester loyaux à chacun de leurs parents et se retrouvent en difficulté pour faire des choix. « Si je dis oui à l’un, l’autre va-t-il m’en vouloir ? Va-t-il continuer de m’aimer ». Parfois, l’enfant prend le parti d’un parent contre l’autre parent. Dans les deux cas, le choix n’est dicté que par le contexte.

C’est ce qu’on appelle le conflit de loyauté.

Bien souvent, il génère des troubles du comportement qui, au-delà de mettre en scène leur souffrance, ont pour fonction première d’attirer l’attention de tous (famille, école, travailleur social). Implicitement, l’enfant est celui qui porte à l’extérieur la souffrance familiale et/ou parentale.

Lorsque le conflit est massif et occupe tout l’espace, il est très difficile pour l’intervenant de se concentrer sur le mineur qui « disparaît » dans ce marasme familial.

L’éducateur est alors « englué » dans ce conflit et voit son action paralysée.

Il n’est pas rare, par exemple, que des parents en conflit fassent alliance contre l’institution quand un magistrat prend la décision de placer leur enfant.

Comment sortir de cette situation ?

Le SOAE a fait le choix de l’intervention d’un éducateur spécialisé formé à la thérapie familiale pour faire un travail spécifique autour du conflit et des relations intrafamiliales.

 

Il ne s’agit pas d’une médiation familiale.

Les parents séparés sont reçus séparément avec le ou les enfants. Il est alors proposé 3 entretiens d’évaluation pour,à terme, décider de la nécessité et/ou de la possibilité d’un suivi. Une rythmicité de rencontres est alors définie.

Le premier contact se fait par l’intermédiaire de l’éducateur référent du mineur. Celui-ci transmet une plaquette d’information à la famille et communique les coordonnées de l’intervenant afin que l’on fixe ensemble le premier rendez-vous.

Les entretiens se déroulent au SOAE. Ils concernent les membres de la famille vivant théoriquement sous le même toit. Si des parents séparés devaient être reçus ensemble, cela ne se ferait qu’après évaluation à titre exceptionnel et à la demande de l’intervenant.

Le suivi s’achève si la situation le permet ou si la mesure éducative s’arrête, ou si les bénéficiaires ne souhaitent pas continuer.

 

Il s’agit alors d’aller au-delà des émotions.

Chacun est habitué à vivre sa vie et parfois répète des comportements en fonction des situations auxquelles il est confronté.
Quand les membres d’une famille nous sollicitent, ils le font parfois d’une manière qui peut paraître brutale ou touchante. Elle génère parfois une réaction émotionnelle.

Pour l’intervenant, le travail consiste à aller au-delà de cette réaction émotionnelle, de dépasser cette résonnance, et ainsi aider la personne à mieux appréhender sa manière d’être en relation. Ainsi elle commence à « se voir faire » …

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